Benoit Tréanton décortique les paris sportifs

Benoit Tréanton décortique les paris sportifs

Bonjour à tous,

 

Le format de cet article est différent puisqu’il s’agit de l’interview de Benoit Tréanton.
Benoit est un acteur majeur du domaine des paris sportifs en France avec son blog Pariez Gagnant.
Il a été prof, bookmaker et blogueur. Benoit est un puits de savoir sur les paris sportifs. Il maîtrise complètement sa discipline et a une une envie de transmettre qui fait plaisir à voir!

 

Dans ce podcast, il décortique les erreurs classiques des parieurs mais aussi les faiblesses des bookmakers.

 

Vous trouverez ci-dessous la version audio du podcast et la retranscription écrite.

 

Savourez!

 

 

Retranscription de l’interview

Romain : Salut Benoit.

 

Benoît : Salut Romain.

 

Romain : Merci beaucoup de m’accorder un peu de temps. On est ensemble pour faire connaissance et te laisser faire connaissance avec la communauté du blog.

 

Benoît : Ça marche. Merci à toi.

 

Romain : C’est un plaisir de t’accueillir au sein du blog. Est ce que, pour les gens qui ne te connaissent pas très bien, tu pourrais te présenter en quelques mots et nous présenter ton parcours?

 

Benoît : Ok pas de souci. Je m’appelle Benoît Tréanton. Je suis passionné de paris sportifs depuis mes 18 ans. J’en ai 37, donc ça va faire la moitié de ma vie pour l’instant. Aujourd’hui je vis de ma passion je suis parieur pro.

J’ai pas été parieur pro toute ma vie, j’ai été professeur. J’ai travaillé 3 ans en tant que côteur sportif chez un bookmaker français qui aujourd’hui n’existe plus qui s’appelait France Paris Sportif qui était basé dans ma ville à Brest. J’ai eu la chance de postuler. J’ai envoyé une lettre de motivation de plusieurs pages, un CV et j’ai été pris comme ça. Ca m’a permis d’aller voir ce côté caché du paris sportif. C’était passionnant. J’ai eu l’occasion de travailler avec des parieurs avec lesquels j’ai gardé des contacts. Voilà, aujourd’hui je suis parieur pro. J’essaye de conseiller et former les gens sur les paris sportifs à travers un blog, une chaîne Youtube et dernièrement un livre que j’ai sorti. Voilà un petit résumé en quelques phrases.

 

Romain : Pourquoi est-ce que tu as quitté ton site de paris sportifs? Qu’est-ce qui t’a motivé à changer de braquets et à devenir blogueur?

 

Benoît : C’est simple, ce n’est pas de mon fait d’être parti du métier de côteur sportif. Tout simplement, l’ARJEL a retiré l’agrément de la société dans laquelle je travaillais. Je n’y suis pour rien, bien sûr. J’étais simple côteur sportif. Cela venait de plus haut, de la part d’une personne qui nous dirigeait et qui je pense a fait n’importe quoi. L’agrément étant retiré par l’ARJEL, plus moyen de proposer des paris sportifs. La société a forcément fermé boutique. Du jour au lendemain tu te retrouves au chômage . Je pouvais revenir dans l’Education Nationale mais j’avais fait mon temps je ne voulais plus.

Je me suis dit “Tu es passionné de quoi? Des paris sportifs”. De fil en aiguille je me suis dit qu’on allait essayer de faire quelque chose sur internet. J’ai lancé la chaîne Youtube, le blog.

Le blog à l’époque n’était pas comme il est aujourd’hui. Il s’est structuré petit à petit. Je suis maintenant structuré et je fais les choses un peu mieux pour avoir aujourd’hui pas loin de 400 000 vues sur Internet et entre 2000 et 3000 abonnés à la chaîne. Au moins, aujourd’hui, tous les matins, je me lève je sais ce que je vais faire : je vais travailler de ma passion.

Pour moi c’est un travail à part entière et je m’éclate. Mais la raison principale pour laquelle je ne suis plus côteur sportif, c’est que le société a fermé.

 

Romain : En tout cas bravo pour ce que t’as accompli avec le blog. C’est vrai que c’est pas facile de partir de 0 et de construire une communauté.

 

Benoît : Tu sais ce que c’est.

 

Les faiblesses des bookmakers

Romain : Oui je parle en connaissance de cause.

Pour revenir à ton expérience de parieurs sportifs, comment as-tu senti l’organisation au sein de la société? Plus particulièrement, je pense que ce qui peut intéresser les auditeurs c’est de comprendre quelles faiblesses tu as trouvées chez les parieurs sportifs qu’un parieur particulier peut exploiter?

 

Benoît : Alors comment ça se passe dans une salle de cotation? Déjà mon poste de travail était constitué de 3 ordinateurs. C’est un peu comme une salle de bourse en beaucoup plus petit et sans tous les ordinateurs au mur. On va dire que ça ressemble un petit peu à ce que peut faire un trader, toutes proportions gardées. Mais alors voilà c’est un petit peu l’image qu’on peut se faire. Donc voilà le métier consiste en à surveiller le marché, à pousser des côtes c’est-à-dire à proposer du paris sportifs aux gens.

Alors faut pas se leurrer, les bookmakers détestent “l’être humain”. Pour eux l’être humain c’est un facteur d’erreur. Donc il existe des sociétés aujourd’hui comme comme Betradar par exemple (j’en parle dans mon livre) qui fait tout le travail et qui vous propose des côtes brutes issues d’algorithmes plus ou moins puissants selon les sports. L’algorithme est plus puissant sur du foot que sur de l’athlétisme ou du cyclisme. On pourra en parler plus tard mais ça s’explique. Aujourd’hui le côteur sportif est cadré et on te laisse pas la liberté d’ajuster les côtes comme tu veux parce qu’il y a un marché. Les auditeurs ont du le remarquer mais on verra jamais une côte chez un bookmaker à 1.20 et sur un autre bookmaker à 3.00. Voilà ils arrivent à faire pas mal leur boulot sur les gros sports, les sports de masse comme le football et ils galèrent sur les petits sports comme l’athlétisme et le cyclisme.

Tout cela s’explique ils ont plus de mal à côter les sports à chrono, à temps car cela va plus difficilement dans un algorithme, alors que le nombre de buts encaissés, le nombre de buts marqués c’est beaucoup plus simple à rentrer dans une formule mathématiques pour le football.
De là qu’est-ce que j’en ai conclus? Je me suis spécialisé dans les paris long terme et puis les sports à temps comme l’athlétisme qui m’a bien réussi pendant les jeux olympiques, la natation. J’ai remarqué qu’ils avaient des lacunes là-dessus. Ils ont plus de mal à côter, qui va gagner le championnat de France de basket par exemple que de côter les 6/7/8 matches du week-end qui sont pour moi des paris court-terme. Ils ont plus de mal à se projeter tout simplement. Qui va être champion de France en basket, c’est sur beaucoup de matches, c’est difficile de mettre une cotation. Alors que qui va gagner le matche du week-end c’est un affrontement une équipe contre une autre c’est beaucoup plus facile à côter.

Romain : Quand je t’entends je me fais 2 remarques.

La première est sur le tennis. On peut penser que le tennis est un sport relativement populaire derrière le football qui écrase tout mais en fait c’est un sport qui est très pauvre en statistiques. L’ATP et la WTA qui organisent les circuits masculins et féminins sont propriétaires des statistiques et en publient très peu. En entendant ce que tu dis, on a tendance à se dire “tiens les modèles disposent de moins de données chiffrées pour donner leurs recommandations et leurs niveaux de côte”. Cela peut être une faiblesse qui peut être exploitée par les côteurs. Ça c’est le premier commentaire que je me faisais.
Le deuxième, c’est qu’il faut bien que les auditeurs gardent en tête dans tous ces modèles de calcul il y a beaucoup d’éléments externes qui rentrent en compte. J’entends pas là, le niveau du marché. Le côteur va regarder la côte des autres sites de paris pour prendre sa décision. Il va aussi prendre en compte la popularité du sport. Quand un pari est très parié, il va requérir beaucoup plus d’attention de la part des côteurs. Ils vont alors essayer d’être le plus précis possible.
C’est à garder en tête car les gens ont tendance à imaginer la côte comme la représentation de la probabilité de victoire de quelqu’un.

 

Benoît : Tu as tout à fait raison. Je vais te poser la question : “Pourquoi le sport sur lequel les gens parient le plus, c’est le football?”. Bien que les dernières statistiques en France de l’ARJEL soient un peu différentes. Dans le monde et en Europe, on parie à 80% sur le foot alors qu’en France c’est 60%. Pour moi le foot c’est pas un sport où il faut parier et tu l’as tout à fait résumé. Le flux d’argent, va être beaucoup plus important sur le football donc à eux de pas se tromper sur le football. Ils mettent donc leur savoir faire et leur énergie à pas faire d’erreur sur la cotation foot. Alors que, sur de l’athlétisme où il n’y a pas beaucoup de monde qui va aller jouer ils s’en foutent un peu car ils vont perdre quelques milliers d’euros mais c’est pas ça qui va les mettre en danger. Ça résume un peu ce que tu étais en train de dire. Les sports de masse sont en général un peu mieux côtés.
Juste une dernière parenthèse. Le foot c’est simple c’est un but ou pas de but. C’est binaire. Le rugby, c’est 3 points, 5 points ou 7 points. 3 points : une pénalité. 5 points un essai non transformé. 7 points un essai transformé. Le basket c’est 1, 2 ou 3 points. C’est pour ça, et cela n’engage que moi, qu’il y a très peu de tipsters en foot qui gagnent de l’argent alors qu’il y a des tipsters très compétents. Je parle des championnats de masse car j’en connais qui gagnent sur les petits championnats exotiques comme le soccer australien ou le soccer asiatique. J’en suis d’ailleurs certains car je ne peux pas étudier tous les sports.

En rugby, en basket, en baseball il y a des tipsters qui arrivent à bien sortir leur épingle du jeu tout simplement parce qu’il y a différentes façons de marquer des points. Peut être pas le baseball c’est encore particulier car la personne qui s’occupe du baseball accorde beaucoup d’importance au pitcher, à l’altitude, à l’hydrométrie. C’est un truc de fou!
Voilà en tout cas le rugby et le basket vu qu’il y a plusieurs façons de marquer des points, l’algorithme est plus dur à mettre en place pour un bookmaker que pour le football.

 

Romain : D’accord très intéressant. Toi tu l’attribuerais aux différentes possibilités pour marquer des points. J’ai entendu dire que c’était les sports à points rares qui étaient très bien estimés par les bookmakers comme le foot ou le hockey.
Mais je pense que les deux vont dans le même sens.

 

Benoît : Ça rejoint ce que tu dis. Il y a beaucoup moins d’occasions et beaucoup moins de buts dans un matche de foot qu’en rugby ou basket. C’est pour cela que les impondérables ont beaucoup plus d’importance dans un sport comme le foot parce que une équipe qui va avoir 15 occasions qui va pas en planter un et l’autre équipe qui va avoir un contre et qui va en planter un. Une occasion un but ça suffit à gagner le matche. Alors qu’au rugby si tu te fais détruire physiquement tu risques de recevoir des pénalités. Tout cela s’explique quand tu cherches à comprendre. Moi, depuis des années j’essaye de comprendre tout ça pour rationaliser et d’aller gagner de l’argent dans différents sports. Le football à titre personnel je ne paris quasiment jamais à part des paris long terme.

 

Les défauts des parieurs

Romain : Oui moi non plus, c’est la même chose pour moi.
Ok hyper clair. Là on a regardé les sites de paris sportifs. Au niveau des parieurs, quelles sont les grosses erreurs que tu constates?

 

Benoît : Là je vais parler des erreurs des parieurs débutants. Je vois dans les nombreux mails que je reçois tous les jours, je réponds 15 fois aux mêmes questions.
Il est important d’avoir un bon money management. C’est quoi un bon money management? C’est ne pas jouer plus de 5% de sa bankroll. Les gens généralement ce qu’ils font. Ils ont un certain budget et ils peuvent jouer 50% de leur bankroll sur un pari. Ce qui parait fou! Mais c’est comme ça, comme ils estiment qu’ils ont 200 euros ou 300 euros de bankroll. Pour eux jouer 4 ou 5 euros c’est ridicule. Oui mais en même temps c’est juste une question de proportion. Si tu as 300 euros de bankroll il faut pas s’attendre à gagner 300 euros tous les mois. Les gens ont du mal à la comprendre. Si tu as 10000 15000 ou 20000 euros de bankroll là tu peux te faire un salaire tous les mois.
Après il faut pas jouer avec son cœur. Les gens jouent par pulsion, quand ils aiment une équipe ils vont jouer dessus, alors que moi ça ne m’arrive jamais. Je joue contre l’équipe de France de rugby, contre l’équipe de France de basket. Alors ça fait bizarre quand tu regardes un matche avec des amis. Pour la finale de l’Euro de football, j’avais le Portugal gagne l’Euro donc cela fait drôle. Le matche tu le vis pas pareil que tes potes. Quand la France perd t’es heureux. C’était très bizarre.

 

Romain : Oui sur celui là tu aurais pu t’abstenir!

 

Benoît : J’expliquerai un jour dans une vidéo pourquoi il y avait une value sur le Portugal. Une société, Goldman Sachs, avait calculé tout ça et il en été ressorti que le Portugal été 4/5 favori alors que pour les bookmakers c’était le 8/9 donc il y avait value. Il s’est avéré que la value est passée.
Qu’est ce qui a d’autre encore? Faut optimiser ses côtes, ne pas avoir qu’un bookmaker de disponible. Quand sur un bookmaker tu as une côte de 2 et sur un autre bookmaker tu as une côte de 2.2 par exemple, ben si tu joues 100 euros, ca fait 20 euros de différence. Sur le long terme, si tu fais plusieurs centaines de paris par an, cela peut faire un gros billet à la fin.

 

Romain : Juste deux commentaires sur le money management.

Le premier, c’est que pour les parieurs du dimanche, sans note péjorative aucune, la difficulté c’est de professionnaliser la démarche et d’arrêter de chercher à faire des montagnes russes émotionnelles. Il est très difficile de passer de moments où on parie 20% de sa bankroll à 5%. Mais c’est absolument nécessaire!

Le deuxième, c’est qu’il y a un problème d’adéquation entre la bankroll de base et les objectifs qu’on se donne. Ce qui faut que les auditeurs gardent en tête: si on a pas une bankroll importante (ca arrive on n’est pas tous nés avec une cuillère d’argent dans la bouche) ce qui faut c’est automatiser les flux financiers qui sont derrière. De la même façon qu’on peut économiser 50 euros pour dans un an et demi partir en voyage avec sa femme, on peut automatiser un versement de 50e, 100e par mois pour les dédier aux paris sportifs. Contrairement à ce qu’on pense cela va discipliner la démarche, ces 50e 100e on va jamais les dépasser et de la même façon la bankroll sera toujours alimentée et grossira naturellement en plus des gains des paris gagnants.

 

Benoît : Moi j’ai commencé avec 10 000 francs, parce que c’était en francs ! Ces 1500 euros je les avait économisés en allant faire un job étudiant de 10 heures à Decathlon. Donc la valeur de l’argent tu l’as car tous les samedis tu passes 10 heures à bosser. Tu ne vas donc pas aller faire n’importe quoi sur un pari en jouant la moitié de ce que tu as mis de côté en allant bosser. Je suis d’accord avec ce que tu dis. Je rajoute aussi qu’il ne faut pas vouloir forcément jouer tous les jours parce que parfois il n’y a rien à jouer. Vous forcez pas.
Il y a des gens qui viennent me voir et qui me disent « Ouais Benoit tu donnes pas des paris tous les jours » « Ben non les gars, c’est pas le but du jeu, la finalité c’est de gagner de l’argent. C’est pas de donner 15 000 paris par jour ». Les gens ont du mal à comprendre.

 

Romain : C’est ça. Ils sont dans la pression de l’instant. Il faut gagner de l’argent mais pas forcément vite.

 

Benoît : Il faut avoir une vision à long terme. C’est l’image que j’avais employée quand un journaliste m’avait interrogé pour France 2. Je lui avais dit « Un débutant c’est quelqu’un qui va sprinter et quelqu’un qui a de l’expérience c’est un marathonien ». Le but du jeu c’est d’arriver à la fin. Le mec qui va trop vite au début qui fait n’importe quoi avec sa bankroll, c’est un sprint. Il verra jamais l’arrivée du marathon parce qu’il sera cramé avant il aura plus d’argent. Voilà il faut y aller doucement étape par étape, construire. Il y a des gens qui arrivent à entendre ce message parce qu’ils sont sensés, il y a des gens qui ne l’entendent pas parce qu’ils veulent gagner vite.
Ma devise c’est « Pariez gagnant pariez intelligent » c’est pas pour rien qu’il y a le mot intelligent dans la devise. Il faut faire fonctionner son cerveau et ne pas faire n’importe quoi.

 

Les habitudes de Benoit pour parier

Romain : On peut passer directement à ce sujet. Je voulais t’entendre sur quelles routines tu avais avant de placer un pari. Cela peut être la routine quotidienne, qu’est ce que tu fais pour rester concentrer, alerte etc. ? Ça peut être aussi ta routine d’analyse. Je te demande ça que les gens comprennent bien ce que peut être une démarche professionnalisée sur les paris.

 

Benoît : Je vais prendre la même démarche que le poker. Tu fais du sport pour évacuer. Ensuite, il faut être à l’affût, à l’écoute de la moindre information. Moi je me suis spécialisé sur les paris long terme.

Par exemple, s’il y a un buteur qui se blesse alors qu’il est en tête au classement des buteurs et qu’il va pas être là pendant 2, 3 mois, cela va plus compliqué pour lui. Quand une info arrive, je me demande sur quoi ça va jouer. Je vais te prendre un exemple concret qui se passe cette semaine. Lacazette est out pendant 1 mois donc il loupe 4 mois. Il est en tête des buteurs, il a 4 buts d’avance. Mais bon pendant 4 matches il va pas marquer. Il vont pas vouloir prendre de risques. Et je dirais même pendant 5 matches car la dernière fois comme il est revenu trop vite il s’est blessé à nouveau. Généralement on dit que quand tu es absent 1 mois il faut le double pour revenir au top. Moi par exemple je vais prendre 2 autres buteurs que sont Cavani et Balotelli parce que j’estime que quand Lacazette va revenir ces deux buteurs seront peut-être au même niveau. Donc les côtes que j’ai prises elles seront “value” à ce moment là.
Je te donne vraiment ma démarche. Je dis pas ça à tout le monde. Mais je te dis un peu comment je travaille. Le petit truc en plus c’est que je pourrais les prendre maintenant mais comme il y a la ligue des champions et la C3 pendant la semaine je ne parie pas maintenant, car si Cavani ou Balotelli se blessent j’aurais mis de l’argent pour rien. Je vais gagner un matche et les côtes vont pas bouger. Donc c’est tout ce cheminement que tu te formes après des années. Cela demande des compétences.

Ceux qui veulent les acquérir par eux même cela vient pas d’un coup de baguette magique. Il faut acquérir des compétences dans les sports après il existe aujourd’hui le suivi de tipsters que beaucoup de monde fait. Il faut juste bien choisir ses tipsters car il y a beaucoup d’arnaques et de gens qui ne sont pas compétents.

 

Romain : Déjà ce qui est très important chez toi qui est un professionnel aguerri, c’est de comprendre que c’est l’information qui a déclenché le pari. Ça a l’air tout bête mais pour la plupart des parieurs c’est l’intuition ou l’idée qui déclenche le pari. Dans la démarche de Benoit c’est un fait qui déclenche une analyse mais pas l’inverse. Les gens ont tendance à avoir une idée et à essayer de la rationaliser. Par exemple, ils pourraient dire “je sens bien le PSG contre Arsenal” et ils vont essayer de trouver le plus de raisons possible. C’est très bien quand c’est l’inverse, quand c’est le fait qui vient remonter une information et que nous analysons en tant qu’être humain.
Est-ce que tu pourrais nous raconter ce que tu fais sur ton blog (les paris long terme, le suivi de tipster)?

 

Les activités de Benoit

Benoît : Ouais bien sûr. Il y a le blog et la chaîne youtube qui sont accessibles à tous. Pour rebondir sur ce que tu disais j’ai fait récemment une vidéo sur le turnover. Quand je dis qu’il faut jouer 20 000 30 000 ou 40 000 euros par mois. Ils me disent “c’est pas possible j’ai pas ça à jouer”. J’explique qu’avec une bankroll de 3 000 euros tu peux jouer 30 000, 40 000 euros par mois sans problème. C’est peut être mon passé de prof mais j’essaye de vulgariser les choses et d’essayer simplement eux gens ce que sont les paris sportifs.
Après, j’ai un club privé avec un abonnement et à l’intérieur je propose tous mes paris long terme. Pour la bankroll dédiée aux paris long terme je fais à peu près 50% d’augmentation tous les ans ce qui est quand même assez intéressant. En plus, il y a des trucs assez “safes” que tu peux couvrir ou arbitrer.

Je fais aussi des petites analyses video sur du foot, car les gens veulent du foot. J’ai pas encore commencé cette année sur la ligue 1 car j’attends quelques matches pour me rendre compte des forces en présence. C’est aussi quelque chose qu’il faut comprendre : cela ne sert à rien de commencer les saisons au début car tu connais pas le niveau des équipes.

Ensuite à l’intérieur il y a les tipsters, c’est des tipsters que j’ai testés avec qui je m’entends avec lesquels je corresponds. J’ai l’exemple de quelqu’un, Pascal le journaliste avec lequel j’ai fait le bouquin, qui a commencé en septembre l’année dernière avec 5 000 euros, il a multiplié sa bankroll par 2.

 

Romain : Waow.

 

Benoît : Multiplier sa bankroll par 2, si tu es compétent et que tu suis des gens compétents, tu le fais. C’est une sorte de minimum. Après les pros, font x3, x4, x5. Après les paris long terme je fais que 50% car j’ai pas un gros turnover. Mais là son cas était très intéressant. D’ailleurs j’ai été le filmer pour qu’il témoigne dernièrement sur Paris. Il a suivi 2 tipsters dans mon club. Les deux tipsters que je recommande le plus et il a doublé sa bankroll. Il avait 50 euros d’unité de mise et il a maintenant 100 euros en suivant les deux mêmes. En 2 ans il sera passé de 5 000 euros à 20 000 euros ce qui est énorme pour le commun des mortels. Voilà il y a une communauté. Aujourd’hui on est 500 quelque chose comme ça. Les gens se rencontrent. Je vais bientôt faire une grosse rencontre sur Paris. Je te le dis en avant première. Je l’ai même pas dit encore dans mon club mais j’y réfléchi.

Dès que quelqu’un a une question, il y a une réponse rapidement. J’explique comment diviser les côtes. Il y a pas mal de choses. Il y a des vidéos tutoriellles pour expliquer les paris sportifs pour former les débutants. Il y a eu le livre qui est sorti en mai.

 

Romain : J’allais te poser cette question.

 

Benoît : J’ai eu la chance d’aller sur Bein Sport le présenter. Je suis plutôt content car c’était un sacré boulot et une sacré aventure. Le titre est Comment Vaincre La Chance, il n’est disponible pour l’instant que sur Amazon mais je vais chercher un éditeur. J’ai quelques pistes. Donc il y a pas mal de choses.

J’écris une formation sur les paris long terme. Une grosse formation sur les paris aussi. Je m’éclate dans ce que je fais. Les gens sont aussi contents. La finalité de tous c’est de gagner de l’argent à plus ou moins grande échelle. Il y en a qui veulent juste arrondir leurs fins de mois. Il y a pas de soucis. Gagner plusieurs milliers d’euros je promets pas ça à tout le monde parce qu’il faut la bankroll adéquate. Mais c’est possible avec quelques centaines d’euros. Moi j’ai commencé avec 10 000 francs soit 1 500 euros il de ça plusieurs années. Depuis je l’ai multiplié plusieurs dizaines de fois. Mais j’ai pris mon temps. Faut pas brûler les étapes.

 

Romain : Exactement, cela peut être le message de la fin. Bien prendre son temps. Quand on identifie des gens. Alors bien sûr il faut qu’ils soient de confiance, c’est le pré-requis numéro 1 mais aussi il faut parfois privilégier la régularité à la performance. Je préfère un tipster qui est dans le positif pendant 5 ans et qui fait des ROI d’environ 5%, plutôt qu’un tipster qui fait des 50% puis des –50% dans tous les sens car on sera forcément perdant.

 

Benoît : Et psychologiquement c’est plus facile à suivre. Ceux qui ont déjà parié un peu d’argent vont comprendre ce que je dis. Il vaut mieux avoir quelqu’un à peu près stable qui est assez régulier que quelqu’un qui va vous faire gagner beaucoup d’un coup mais le mois d’après il vous fera perdre la moitié de ce que vous avez gagné.
Faut jamais oublier qu’à côté il y a souvent une vie de famille. C’est très important d’avoir un équilibre. Je n’ai jamais tilté. Cela veut dire, faire n’importe quoi avec votre argent votre bankroll.

 

Romain : Et puis on essaye de se refaire sur le championnat australien ou moldave….

 

Benoît : D’ailleurs j’avais fait une étude avec un ami psychologue. Je lui avais demandé de faire un travail. On a fait une interview d’1H30 sur la psychologie et les paris sportifs qui était fort intéressante et que je propose dans ma formation aujourd’hui. Cela explique vraiment bien ce que les gens pensent alors que c’est complètement irrationnel.
Par exemple, les gens pensent qu’après avoir fait 10 fois pile, on a plus de chance de faire face aux 11ème, 12ème ou 136ème coup. Non tu peux encore faire 3 fois pile. C’est dans l’inconscient collectif. Mais quand tu l’étudies et que tu l’as compris tu te dis “Merde c’est pas comme ça que ça fonctionne”. C’est ça que je trouve très intéressant dans les paris sportifs.
Au-delà de ça j’adore le sport. Regarder un matche quand tu as un petit billet dessus, ça fait un peu d’adrénaline aussi. C’est important de comprendre le fond des choses. Je finirai la-dessus. J’avais un formateur quand j’étais prof qui m’avait dit en parlant des enfants : “Prendre son temps n’est pas perdre du temps”. En gros, allez-y doucement étape par étape parce que si vous y allez trop vite le mur ne sera pas solide. Un jour il va s’écrouler. Il vaut mieux y aller tranquillement, brique par brique pour construire quelque chose de solide.

 

Romain : Pour finir une dernière chose que peuvent faire les gens pour prendre leur temps, c’est d’aller voir les matches de tennis, allez voir les matches de foot du bord du terrain. Vous verrez plein de choses que vous ne voyez pas derrière votre écran.

 

Benoît : Faut aller se rendre compte des choses, je le dis.

 

Romain : Un matche de tennis qui est en train de tourner on peut s’en rendre compte facilement 20 minutes avant qu’un téléspectateur s’en rende compte.

 

Benoît : On peut sentir les choses au bord du terrain c’est une certitude. Après tu peux pas aller voir tous les matches donc tu es obligé de regarder les différés et enregistrer. Voila et ce qui se passe sur le terrain n’est pas toujours représentatif des statistiques. Il y a des gens qui ne travaillent qu’avec les statistiques mais parfois il vaut mieux regarder le matche pour se rendre compte de ce qui s’est passé.

 

Romain : En tout cas je ne saurais que trop recommander ton blog, ton site et ta méthode. Si les gens souhaitent s’initier aux paris sportifs dans leur ensemble et pas juste le tennis qu’ils aillent sur ton blog. Je le recommande vivement.
Ca été super de discuter avec toi. J’espère qu’on aura l’occasion de discuter à nouveau. Merci beaucoup pour ton temps.

 

Benoît : C’est moi qui te remercie. Je sais pas si on s’en rend compte mais je pourrais parler des heures des paris sportifs. Les paris sportifs c’est une passion et j’essaye de transmettre ça aux gens qui me contactent. Comme je le dis la finalité c’est gagner de l’argent au bout, forcément. C’est ça le pari sportif, sinon il suffit de regarder le sport tranquillement dans son canapé à la télé sans parier. En tout cas merci de m’avoir accueilli pour cet interview.

Romain : Avec grand plaisir et puis à très bientôt j’espère.

Benoît : A bientôt. Salut.

2 Comments
  • Promesses
    Posted at 11:35h, 10 mai Répondre

    “C’est très bien quand c’est l’inverse, quand c’est le fait qui vient remonter une information et que nous analysons en tant qu’être humain.”

    J’aime beaucoup cette analyse.
    Est ce qu’il est possible d’avoir un exemple concret ?

  • Promesses
    Posted at 20:50h, 04 juin Répondre

    Bonjour,
    pensez vous pouvoir me répondre ?

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