Oubliez le classement ATP

Oublier classement ATP

Oubliez le classement ATP

Le classement ATP est le cancer des parieurs du dimanche.

Les critères du classement ATP ne sont pas forcément mauvais pour déterminer le meilleur joueur sur une saison mais pour identifier sur qui parier ce classement est catastrophique. J’ai listé les principaux défauts du classement. Mais ce qui m’intéresse dans cet article c’est mon dernier argument (5.) que je n’avais pas encore développé.

 

1. Le classement ATP ne tient pas compte de la surface.

Le classement ATP additionne les résultats d’un joueur sur toutes les surfaces (dur, gazon, terre battue) sans faire aucune différence. Or, la quasi totalité des joueurs ont des surfaces préférées. Je ne vous apprends rien je pense. De nombreux joueurs gagnent la majorité de leurs points sur une seule surface. Pensez à tous les espagnols qui brillent sur terre battue.
Ainsi, au moment de placer un pari un bon parieur doit avoir en tête la valeur d’un joueur sur la surface. Les matchs sur les autres surfaces sont presque inutiles.

Si on pousse l’analyse un peu plus loin on peut même parler de conditions de jeu favorites.

Bien sûr Nadal préfère la terre battue et Cilic les matières rapides.

Mais on peut aussi voir que Karlovic préfère le dur intérieur car il est débarrassé de tous les perturbateurs météorologiques qui pénalisent son service : soleil, vent, légère pluie. On peut aussi dire que, sur les surfaces rapides, Roger préfère le gazon qui accentue plus les effets et rebondit plus bas que le greenset de la tournée américaine. On peut aussi dire que Djokovic ne supporte pas bien la chaleur.

Ainsi, les très bons parieurs  construisent des échantillons de matchs pour lesquels les conditions sont les mêmes que pour le match sur lequel ils s’apprêtent à parier. Cela demande beaucoup de travail mais c’est très efficace car le classement ATP confond tout et met les matchs sur un même niveau.

 

2. Le classement ATP ne prend pas en compte les adversaires qu’a rencontré un joueur.

Lorsqu’un joueur passe le premier tour de l’Open d’Australie, il reçoit le même nombre de points peu importe le joueur qu’il a battu. Or, battre Djokovic ou Federico Gaio n’a pas la même valeur. Tout le monde en conviendra. Il suffit de voir le parcours d’Istomin à l’Open d’Australie 2017. Après avoir battu Djokovic il a percé le tableau. Les bookmakers l’ont d’ailleurs intégré dans leurs analyses dès la fin du match contre Djokovic, pas le classement ATP.

Le raisonnement reste vrai avec les défaites. Une défaite contre un joueur moins bien classé ne pénalise pas un joueur au classement ATP mais c’est très important pour un parieur!

Bref, les performances et contre-performances n’existent pas au sein du classement ATP, pourtant cet aspect est fondamental pour nous!

 

3. Le classement ATP prend en compte les matchs des 12 derniers mois.

Pourquoi un an après tout? Pourquoi on étudierait pas sur 2 ans, sur 6 mois? Je n’ai pas trouvé la période d’analyse idéale mais je tends à analyser les matchs des 2 dernières années, parfois plus. Je trouve trop brutale de cesser de prendre en compte un résultat s’il date de douze mois et un jour. J’ai une approche plus progressive où pour moi le “poids” d’un match au sein de mon analyse décroit progressivement avec le temps.

 

4. Le classement ATP donne autant de valeur à tous les matchs ayant lieu pendant les 12 derniers mois.

Les bookmakers ont bien compris que les performances récentes ont plus de valeur que les performances d’il y a un an. Ils attribuent une “prime” aux matchs récents. C’est normal et les bons parieurs tennis en font de même. Encore une fois le classement ATP cumule bêtement les points sur toute l’année.

 

5. Le classement ATP récompense les joueurs qui jouent  le plus de matchs.

Le classement ATP attribue des points à chaque tournoi. Dès qu’un joueur dispute un tournoi il engrange plus de points (même en cas de défaite au 1er tour). Ainsi, naturellement le classement désavantage ceux qui jouent peu et avantage ceux qui jouent beaucoup. Le seul mécanisme qui existe pour pallier à ce problème est destiné aux joueurs blessés pour de longues durées qui ont la possibilité de “verrouiller” leur classement pendant un an.

Cet écueil du classement est très important à comprendre pour les parieurs. En effet, les chances d’un joueur pour un match ou pour un tournoi dépendent de son niveau et très peu de son nombre de tournois disputés. Certes, le nombre de tournoi peut donner une vague indication sur la capacité à répéter les efforts, le rythme ou l’usure mentale mais cela reste marginal!

Pour vous donner un exemple frappant, en fin de saison 2016, Thiem a fini 8ème mondial avec 27 tournois disputés et Federer 16ème avec 7 tournois disputés. L’exemple est volontairement caricatural. Mais on constate que Thiem qui est le joueur du top 20 qui a le plus joué n’aurait peut-être pas été 8ème si tout le monde avait disputé le même nombre de tournoi.

 

Ce système prend un effet franchement pervers après la 100ème place mondial. En effet, après ce classement, jouer sur le circuit coûte plus d’argent (avion, hôtel, coach etc.) qu’il n’en rapporte (gains en tournoi). Certains joueurs ne sont pas en mesure financièrement de disputer plus de 5 tournois dans l’année. Les joueurs ne font pas long feu entre la 100ème et la 200ème place. Soit ils rentrent dans le top 100 soit ils abandonnent au bout de quelques années. Peut-être qu’ils devraient suivre mes paris pour arrondir leurs fins de mois. Non je blague (puis ils en sont interdits).

Ainsi, au-delà de la 100ème place le classement favorise les plus riches (ou du moins les plus aidés).

Ajouté à cela que l’écart technique entre les joueurs est beaucoup moins important que dans le top 100 et on obtient un classement biaisé où le 200ème joueur mondial peut battre sans problème le 102ème. Vous imaginez Nadal perdre régulièrement contre PH Herbert?  Vous êtes prévenus autour ce ces classements vous naviguez en hauts troubles.

Pour revenir au classement, on peut comprendre que celui qui joue plus sans être blessé et sans que ses performances baissent soit avantagé au moment de hiérarchiser les joueurs en fin de saison. Mais nous pauvres parieurs (ça fait très religieux cette expression)  on veut juste savoir qui a le plus de chance de gagner le prochain match. Dans ce cas, favoriser les joueurs qui jouent le plus n’a aucun intérêt!

 

Vous vous êtes déjà fait avoir par le classement ATP? Si oui, racontez le moi en commentaire cela m’intéresse beaucoup.

6 Comments
  • Seb
    Posted at 09:45h, 12 février Répondre

    Merci, c’est intéressant à lire encore une fois ??

  • antoine
    Posted at 12:34h, 12 février Répondre

    Merci pour l’article, très intéressant encore, moi une douille récente a été la défaite de Dolgopolov contre Ram sur le tournois de quito en Equateur.. qui on peut voir etait bien mieux classé que son adversaire,

  • jc martocq
    Posted at 16:13h, 13 février Répondre

    Hello , ton analyse est confirmée aujourd’hui par la victoire de Herbert sur le 31eme ATP…..
    par contre existe t-il un classement des joueurs par surface
    Abientôt

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