Parier sur le tennis : ma méthode présentée

Parier sur le tennis : ma méthode présentée

Bonjour à tous,

J’ai enregistré un podcast avec Benoit Tréanton qui est le créateur du site Pariez Gagant. C’est toujours agréable de discuter avec Benoit. On y a parlé notamment de l’actualité tennistique et de mes techniques pour parier sur le tennis.

 

Voici le podcast et la retranscription écrite. J’espère que ça vous plaira:

 

 


 

 

Benoit : Merci Romain d’avoir accepté l’invitation. On va discuter un peu de tennis, une des tes passions et découvrir ton parcours et tes conseils pour parier sur le tennis. J’invite les lecteurs à visiter ton site et lire les articles. Peux-tu te présenter ?

Romain :  Je m’appelle Romain, j’ai 27 ans. Ce qui me caractérise principalement c’est que je suis un passionné de tennis. J’ai commencé le tennis très tôt à l’âge de six ans et j’ai fait beaucoup de compétitions plus jeune. À un moment, je me suis rendu compte que j’avais des prédispositions pour l’analyse tennistique (rires).
Quand j’étais plus jeune, on faisait des « tournées tennis » – l’été, des entraîneurs emmènent quelques jeunes pas trop mauvais dans une région et leur font faire tous les tournois de cette région. Le problème, c’est que quand tous les joueurs sont engagés sur les tableaux et jouent, c’est difficile pour l’entraineur de tout suivre. Et je me suis rendu compte à ce moment là que j’étais capable d’estimer très précisément la durée des matchs de mes copains, si bien que les entraineurs me téléphonaient pour savoir à quelle heure ils devaient revenir. Par exemple, un entraîneur m’appelait et me demandait :
« – Il en est où Raphaël ?
– Comme d’habitude, il a commencé très fort mais il joue contre un joueur de 35 ans qui va commencer à l’user. Je pense que ça va prendre 1h45, donc ça ne sert à rien de vous dépêcher »

Benoit : En fait, tu aidais tes entraîneurs à rester plus longtemps au bar ! (rires)

Romain : À ne pas faire leur travail d’entraineur, exactement ! (rires)

Benoit : C’est intéressant. En voyant tous les joueurs du tournoi d’une région et tes copains que tu connaissais, tu pouvais jauger leur niveau et en fonction de leur âge, leur niveau physique, leur vitesse de déplacement, s’ils sont droitier ou gaucher – tu arrivais à analyser la durée des matchs. Et c’est comme cela que tu as réalisé que tu avais des prédispositions.

Romain : C’est vraiment le point de départ. Comme tu le dis, c’était surtout une évaluation du rapport de force entre les joueurs : quel est le style de l’adversaire ? Est-ce que mon copain va pouvoir gagner facilement ? Je pense aussi que j’avais un bon ressenti sur les capacités des personnes à être réguliers. Au tennis, on voit souvent des gens très brillants à l’entrainement, mais en match et en particulier au troisième set, la donne est complètement différente.

Benoit : Le tennis, c’est du un contre un, à l’inverse des sports collectifs qui se jouent à onze, à cinq, à quinze, à treize, etc. Si un joueur n’est pas très bien, le reste de l’équipe est là pour compenser, alors qu’au tennis, c’est difficile de savoir comment le joueur est quand il entre sur le terrain. J’aime le tennis, Il m’arrive de faire des paris long terme sur le tennis mais je ne suis pas un spécialiste tennis à proprement parler donc je ne me suis jamais lancé dans les paris court terme sur des tournois à 24 ou 48 heures. Je connais des gens qui le font mais je n’ai jamais trouvé quelqu’un qui durait sur le tennis sur le long terme.
C’est très bien que je te connaisse, peut-être qu’on va arriver à faire quelque chose ! Ce que tu faisais avec tes amis à l’époque, tu arrives aujourd’hui à le reproduire au niveau de l’ATP ou de la WTA ?

Romain : Exactement. Mais le chemin a été lent et douloureux. En dehors des compétitions de tennis, j’ai fait des études et trouvé un job dans un grand groupe. Pendant tout ce temps, j’ai parié sur le tennis et pour être honnête, j’étais médiocre au début. Je me rappelle précisément d’un match à Roland Garros en 2014 entre Robredo et Isner où j’ai perdu le dernier euro de la bankroll que j’avais ! J’étais franchement dégouté et je ne comprenais pas. J’avais l’impression d’avoir des connaissances tennistiques que certains n’ont pas et je n’en tirais pas parti.
À partir de là, j’ai entamé un grand travail sur moi-même sur deux plans, d’abord sur le plan psychologique, en essayant de répondre aux faiblesses qu’on a en tant que parieur – et dieu sait si on en a ! – et ensuite en essayant de me concentrer sur la technique et les statistiques, qui sont plutôt mon fort aussi puisque j’ai fait des études scientifiques. C’est à partie de là que j’ai réussi à être un parieur de bon niveau, sans être exceptionnel. J’arrive à avoir un ROI de 8 à 10 % au minimum régulièrement sur une année.

Benoit : 8 à 10 % sur le tennis, c’est très bien, je te le dis !

Romain : Tu m’en vois ravi ! Je parie beaucoup plus sur l’ATP. Il m’arrive de parier sur la WTA mais je suis très orienté ATP et plutôt court terme.
Ma manière de parier est la suivante : j’ai une approche très statistique dans un premier temps pour faire émerger la value – c’est-à-dire les paris où la cote me semble en faveur du parieur comparée aux probabilités de victoire de chacun des joueurs.

Benoit : C’est intéressant de redéfinir le terme de value pour les gens qui débutent et qui ne connaissent pas encore les termes techniques.

Romain : Pour donner un exemple peut-être plus clair, prenons deux adversaires qui ont exactement le même niveau et qui donc ont 50% de chances chacun de gagner. Dans un monde parfait, si le bookmaker ne prenait pas de marge et s’il était parfaitement honnête, il donnerait donc une cote de 2 à chacun.

Benoit : C’est ce qu’on appelle une cote parfaite

Romain : Mais cela arrive rarement. Dans mon exemple, j’estime donc que chacun des deux joueurs a autant de chances de gagner le match. Mais je vois que le bookmaker a donné une cote de 2,2. C’est donc une value puisque le bookmaker me permet de gagner plus d’argent que la probabilité que j’ai estimée.

Benoit : C’est très bien d’avoir cet instant pédagogique ! Pour certains, c’est bien connu mais pour ceux qui commencent dans les paris, c’est une donnée vraiment importante. Attention, ce n’est pas donné à tout le monde de repérer une value. Toi tu as de l’expérience et tu effectues aussi du travail puisque tu regardes d’abord les statistiques. Tu regardes aussi sans doute le côté psychologique, comment est le joueur, ce qu’il fait avant, s’il a traversé la planète pour se rendre au tournoi, etc.
Côté statistiques, je pense que tu épures un peu pour faire un tri vu le nombre de tournois – il peut y avoir deux tournois ATP 250 la même semaine

Romain : Exactement. La semaine dernière, il y avait Moscou, Stockholm… Il y a en permanence plusieurs tournois.

 

Comment parier sur le tennis ?

Benoit : Donc pour parier sur le tennis, tu fais une première approche statistique pour faire le tri.
C’est d’ailleurs ce que je conseille à tous de faire dans chaque sport, que ce soit au foot, au basket; etc. Prenez la grille et déjà avec votre connaissance du sport, ce que personne ne peut vous apprendre vraiment mais qui s’acquiert au fil du temps, et repérez déjà des matchs qui vous intéressent. Puis allez voir les cotes pour savoir si vous pouvez vous positionner sur un pari.
Et une fois ce tri statistique fait, que prends-tu en compte pour décider ?

Romain : Le coup de balai se fait en deux temps en fait. Dans un premier temps, je regarde en effet les face à face, les résultats sur la surface, etc., et j’élimine ainsi quelques paris. Je regarde ensuite quelques classements que je me suis créé pour éliminer les faiblesses actuels du classement ATP.
Je m’explique : actuellement, l’ATP donne des points aux joueurs selon leur avancée dans le tournoi – un joueur qui atteint les 1/4 de finales d’un tournoi ATP 250 recevra X points – et ces points s’additionnent sur l’ensemble de l’année. Cela présente deux faiblesses : ce classement ne prend pas en compte qui le joueur a battu – ce n’est pas du tout la même chose si on a battu Djokovic au premier tour pour atteindre les 1/4 de finales ou si on battu un « lucky loser » qui n’était même pas sorti des qualifications !

Benoit : Pour ceux qui ne le savent, un « lucky loser » est un joueur qui a perdu en qualifs mais qui été repêché parce que celui qui l’a battu est forfait.

Romain : Exactement. La deuxième faiblesse de ce système, c’est que l’ATP donne autant de crédit à un match qui date d’un an qu’à un match qui a eu lieu la semaine dernière. Pourtant, même au niveau amateur et débutant, on sait bien que le match le plus récent est le plus représentatif de son niveau. On peut donc aussi éliminer ce biais qui est énorme !
Enfin, la surface a une grande importance : des joueurs comme Raonic ou Karlović sont beaucoup plus forts sur une surface dure en intérieur alors que d’autres sont avant tout des joueurs de terre battue et ont des résultats très différents sur les autres surfaces.

Benoit : Les espagnols performent souvent sur terre battue par exemple…

Romain : Exactement ! Je pense à Cuevas mais aussi tout simplement à Nadal qui a mis un temps fou à être bon sur surface rapide alors qu’il a toujours été plus ou moins le maître sur terre battue. Tout cela est la première étape très statistique.
J’élague ensuite tous les profils de cotes qui ne me plaisent pas – je parie sur des cotes qui sont entre 1,5 et 3 avec une moyenne autour de 2,2. Certains sont très forts sur les petites cotes (en dessous de 1,5) mais il faut avoir énormément de régularité pour avoir un bon return.
Enfin, je prends aussi en compte la forme du joueur, la manière dont il a gagné ou perdu les matchs précédents – je regarde souvent quelques images des matchs pour voir la qualité de déplacement du joueur, une usure mentale éventuelle… tout cela donne beaucoup d’indications.
Mes prédispositions à l’analyse tennistique me servent lors de cette dernière étape mais sans tout le travail avant, ça ne sert à rien d’avoir un peu d’instinct.

Benoit : Comme on le voit, c’est un travail de longue haleine pour se construire dans le pari sportif, depuis l’époque où tu regardais tes amis. Cela te sert aujourd’hui mais comme tu l’as expliqué, cela vient après les statistiques et l’étude de la forme du moment. Une question que je me suis toujours posé : tu fais attention au fait que le joueur soit droitier ou gaucher ?

Romain : Il faut déjà distinguer les gauchers qui ont un jeu de gaucher et ceux qui n’ont pas un jeu de gaucher. Par exemple, Feliciano López – un magnifique joueur très propre qui, bizarrement pour un espagnol, monte au filet – a un jeu typique de gaucher : il sert slicé, il joue beaucoup la diagonale coup droit du gaucher contre revers de droitier. Dans ce cas là, en effet, je regarde comment son adversaire droitier performe contre des gauchers. Mais pour un gaucher qui a un jeu moins orienté, je fais moins attention à cela.
Une petite digression : l’amateur de tennis lambda dit souvent : « oui, mais il est gaucher… ». Seulement, tous les circuits qu’a le gaucher, le droitier les a également contre un gaucher – il peut débloquer des schémas de jeu contre un gaucher qu’il n’a pas contre un autre droitier. Un droitier peut jouer slicé et la diagonale coup droit contre revers, c’est seulement qu’il n’a pas les repères.

Benoit : Il ne faut pas donner trop d’importance à cela, donc. En tout cas, ta méthode de travail est très intéressante. Certains vont penser que cela demande énormément de temps, mais je vous rappelle que Romain a un travail, il ne passe donc pas tout son temps à parier sur le tennis. Mais il faut être passionné, voilà tout.
Pour en revenir aux images, je pense au dernier match de Kyrgios. Il a perdu lourdement mais il s’est fait sanctionner parce qu’il n’a pas joué en fait ! Si vous ne regardez pas les images, vous pouvez penser qu’il a perdu parce qu’il n’est pas en forme alors que c’est uniquement parce qu’il ne levait même pas sa raquette !
C’est pour cela qu’il est toujours important de regarder les images si vous avez le temps. Si vous ne l’avez pas ou si vous ne savez pas comment parier sur le tennis, il existe aussi des solutions comme les tipsters – ceux de qualité et pas n’importe qui. Je me suis d’ailleurs constitué un petit réseau et je pourrais en inviter quelques-uns dans l’émission. Vous verrez que certains sont très intéressants, même en étant sur facebook. Il faut juste les connaître un peu et bien les choisir.

Point Decisif, un site pour mieux parier sur le tennis !

Benoit : Parle nous du projet point-decisif.com. J’y ai lu quelques articles très intéressants…

Romain : En fait, après ce match Robredo-Isner à Roland Garros et après avoir beaucoup travaillé, nous nous sommes mis à faire des concours de pronostics entre amis sur une boucle whatsapp – un service de messagerie instantanée. Or, depuis que j’ai professionnalisé ma méthode de pari, je gagne beaucoup ces concours. Et mes amis ont alors commencé à me demander mes pronostics. Je me suis donc dit qu’il y avait quelque chose à faire et que je devais pouvoir le partager à plus grande échelle.
L’idée de mon blog, c’est de m’adresser à des passionnés de tennis comme moi qui ne parviennent pas à tirer parti de leurs connaissances pour les paris, à ceux qui ont envie d’avoir un complément de revenus – je ne promets pas monts et merveilles, je ne dis pas qu’ils pourront s’arrêter de travailler – mais aussi comme tu le disais à ceux qui cherchent des gens de confiance. Sur Internet et dans les paris sportifs, on trouve tout et n’importe quoi et certains ont des attitudes un peu frauduleuses.
Pour l’instant, je partage des articles sur l’actualité du tennis et dans les quinze prochains jours, je vais commencer à partager mes pronostics que je ferai certifier sur un site de confiance pour que les gens puissent juger de leur qualité. Je ne veux pas créer une communauté qui soit totalement dépendante de mes pronostics, je cherche des parieurs impliqués et indépendants à qui j’apprendrai à progresser dans leur analyse tennistique et leur façon de parier sur le tennis. Je trouve que tu le fais très bien dans ton blog.

Benoit : Merci, c’est gentil !

Romain : Vraiment, je ne peux que le recommander ! J’adore cette idée de se dire : « on a tous envie de progresser, aidons-nous, mais aidons-nous aussi à être indépendants »

Benoit : C’est mieux d’être indépendant et de faire ses propres paris, c’est sûr, mais comme je l’ai dit, tout le monde n’a pas le temps de le faire en plus de ses autres activités, sa famille… Tout le monde n’a pas non plus une assez bonne connaissance des règles de chaque sport, ou ne connait pas les noms des joueurs. Pour parier sur le tennis, c’est mieux de connaître quelques tennisman et les règles du tennis !  Pour ces gens, il y a les tipsters et suivre un tipster est déjà très bien !

Que penser du Master de Tennis ?

 

Benoit : Le Master a lieu à Londres en Novembre et réunit les huit meilleurs joueurs mondiaux. Le problème, c’est que tous les strapontins ne sont pas encore distribués donc on ne connaît pas la liste exacte des joueurs. Djokovic était encore dernièrement le favori mais c’est maintenant Andy Murray. Très rapidement, qui semble le mieux armé selon toi ?

Romain : Djokovic sera dans la partie mais je vois plutôt Murray gagnant. Murray est le plus motivé. Son objectif est d’être numéro mondial et ce sera probablement lui qui ira au bout. Mais tout le monde est fatigué, donc les joueurs besogneux et réguliers qui savent faire preuve d’humilité quand c’est difficile tireront leur épingle du jeu et passeront la phase des poules – je pense à Wawrinka ou Raonic.

Benoit : Sachant que Djokovic a un petit coup de mou en ce moment. Il a dit être un peu blasé par le tennis ! En même temps, il a tout gagné et on peut comprendre que même les sportifs de haut niveau en ait des fois des grosses baisses de motivation – c’est compliqué quand on se donne à fond tout le temps. Je rappelle le nom de ton blog : point-decisif.com. Pour les membres de mon Club privé, j’ai proposé à Romain de nous rejoindre pour faire partager sa passion.
En tout cas, heureux d’avoir parlé tennis avec toi – on aurait d’ailleurs pu continuer mais l’émission a des impératifs de durée. En tant que parieur pro et passionné de pari sportif, j’ai trouvé super intéressant de voir comment tu fais pour parier sur le tennis et je pense que les lecteurs ont aussi apprécié.

Romain : Merci beaucoup.  À bientôt !

 

 

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