Wawrinka l’insatiable

Wawrinka l’insatiable

“Ever tried. Ever failed. No matter. Try again. Fail again. Fail better.” Cette phrase pourrait se traduire par “Déjà essayé. Déjà échoué. Peu importe. Essaie encore. Echoue encore. Mais échoue un peu moins”. Ce message de perseverance extrait du chef d’oeuvre de Beckett, Worstward Ho, est tatoué sur l’avant bras gauche de Wawrinka. Cela vous situe le personnage.

J’admire Wawrinka pour sa capacité de travail et son opiniâtreté, sa constance dans sa volonté de progresser. Wawrinka possède une compétence rare, difficile à discerner : c’est un travailleur acharné.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, Wawrinka est le tennisman avec lequel j’aurais aimé échanger ma place l’espace d’une semaine pour comprendre les ressorts psychologiques qu’il y a derrière de telles qualités. Je reconnais que cela fait de moi une personne étrange! Mais je suis obsédé par l’idée de comprendre ce qu’il faut pour réussir. La capacité de travail arrive en très haute position dans la liste selon moi.

La carrière de Wawrinka

Wawrinka est un joueur qui s’est développé par paliers.
Il fait d’abord une apparition sur le circuit impressionnante, à 20 ans, où dès sa première année il atteint le 3ème tour à Roland Garros et à l’US Open.
Jusqu’en 2012, il est un joueur qui ne dépasse jamais les 1/4 de finale en grand chelem, perdant 8 des 10 1/8èmes de finale qu’il dispute de 2006 à 2012.
En 2013 il passe un palier et accède d’abord à sa première 1/2 finale à l’US Open en 2013. Puis il réussit l’exploit de remporter ses deux premières finales en grand chelem à l’Open d’Australie et à Roland Garros.

Il faut voir dans ce  lent parcours ascendant l’image d’un grand bosseur qui fait preuve de grandes ressources mentales en dehors des matches (composante du mental souvent sous-estimėe par les parieurs).

Une des clés a été sa progression très étonnante en coup droit ! Je pense qu’il s’agit des progrès techniques les plus fulgurants sur le circuit ces 3 dernières années à égalité avec…la deuxième balle de Djokovic.
Cela lui a permis de quitter son schéma de jeu où il cherchait souvent le point gagnant en revers décroisé. Aujourd’hui, sa confiance en son coup droit, lui permet de jouer court croisé des deux côtés, (surtout en revers ce qu’il fait naturellement très bien) et de finir avec son autre coup.

Il occupe aujourd’hui une place unique sur le circuit, que pouvait avoir Del Potro il y a quelques années, celle d’un joueur qui ne fait pas partie du big 4 mais qui est capable de battre chacun de ces membres sur un match sans bénéficier de circonstances favorables. Mais il ne fait pas encore partie de ce cercle fermé car il a simplement moins d’expérience et de régularité que les 4 autres. Même Murray, le plus faible du big 4, qui compte autant de victoire en grand chelem que Wawrinka, a disputé beaucoup plus de finales en grand chelem (8 vs. 2) et a gagné plus de Masters 1000 (11 vs 1).

Parier sur Wawrinka

Il est assez difficile de parier sur Wawrinka. Wawrinka est souvent en danger sur les premiers tours de grand chelem mais est lui-même un grand danger pour ses adversaires à partir des 1/4 de finale. Mon conseil est de ne pas parier sur Wawrinka sur les deux ou trois premiers tours de grand chelem mais plutôt de regarder ces matches pour comprendre les repères qu’il a et la qualité de son jeu. Si on regarde de plus près ces derniers résultats en grand chelem:

  • Wimbledon 2015: Gasquet 1/4 (5 sets)
  • Roland Garros 2015: Victoire
  • Open d’Australie 2015: Djokovic 1/2 (5 sets)
  • US Open 2014: Nishikori 1/2 (5 sets)
  • Wimbledon 2014: Federer 1/4  (4 sets)
  • Roland Garros 2014: Garcia Lopez 1er tour (4 sets)
  • Open d’Australie 2014: Victoire
  • US Open 2013: Djokovic 1/2 (5 sets)
  • Wimbledon 2013: Hewitt 1er tour (3 sets)
  • Roland Garros 2013: Nadal 1/4 (3 sets)
  • Open d’Australie 2013: Djokovic 1/8 (5 sets)
Trois éléments notables ressortent:
  1. TOUS le joueurs contre qui Wawrinka a perdu, sont des joueurs qui sont capables de tenir leur ligne de fond de court comme Wawrinka, de répondre au rapport de force qu’il instaure du fond du court. Celui qui doit jouer le plus loin de la ligne de fond de court est Gasquet. Mais sur gazon il joue beaucoup plus près de sa ligne
  2. Pour la grande majorité de ces joueurs le revers est un coup fort (Gasquet, Djoko, Nishikori, Hewitt)
  3. Depuis 2014 et sa première victoire en grand chelem il a toujours disputé un grand nombre de set quand il a perdu. Signe qu’aucun joueur n’est capable de le dominer largement quand il est en forme.

En dépit d’un retour sur première balle moyen (il est bien meilleure en seconde quand il a le temps d’armer ses coups), les grands serveurs ont de piètres résultats contre lui et il en va de même pour les profils défensifs.

Une analyse simple nous permet donc de dresser le profil de jeu qui gêne le Suisse.

Maintenant il faut aller plus loin et se demander dans quelle mesure les piques de forme de Wawrinka sont prévisibles.
Si l’on regarde les grands tournois de préparation avant les grands chelem voilà ce que l’on observe:

  • Avant Wimbledon 2015: défaite en 1/8 ème au Queens
  • Avant Roland Garros 2015: 1/4 a Genève, 1/2 à Rome, 1/8 à Madrid et Monte Carlo
  • Avant l’Open d’Australie 2015: victoire à Chennai
  • Avant US open 2014: 1/4 a Cincinnati et 1/8 a Toronto
  • Avant Wimbledon 2014: 1/2 Queens
  • Avant Roland Garros 2014: 2ème tour à Rome, 1er tour à Madrid et victoire à Monte-carlo
  • Avant l’Open d’Australie 2014: victoire à Chennai
Compte tenu du fait que Wawrinka n’a gagné qu’un Master 1000 dans toute sa carrière. On voit bien que les bons résultats en grand chelem sont souvent précédés de bonnes perfs en tournois de préparation.  L’inverse est aussi vrai, les contre perfs.  En grand chelem ont souvent été annoncées par des déconvenues en Master 1000. A l’exception notable de la préparation entre l’Open d’Australie et Roland-Garros 2014 où Wawrinka a gagné son seul Master 1000 de sa carrière à Monte Carlo avant de s’effondrer à Rome et Madrid. Ce passage est assurément plus difficile à comprendre et correspond à la période avant la séparation avec sa femme qui est intervenue fin 2014.

Ainsi, pour parier sur Wawrinka il faut regarder, minutieusement, au tour près ses performances en Master 1000 pour avoir une bonne idée de son niveau. On peut alors parier sur Stan en sachant que de grandes variations de forme dans une courte période de temps, sont chez lui peu probables.

Vision d’ensemble

Dans cet article je cherche à montrer qu’un joueur qui gagne de l’argent grâce aux paris sportifs prépare ses investissements en cherchant des tendances dans les résultats des joueurs sur lesquels il parie, sans se contenter des statistiques de face à face ou du niveau attendu d’un joueur sur une surface donnée. Ces analyses rajoutent quelques dizaines de minutes en amont mais multiplient les résultats sur le long terme car l’investisseur  peu très bien parier sur les joueurs analysés TOUTE L’ANNÉE.
Ce que je vais chercher à faire dans ce blog c’est aider les parieurs, qui aiment le tennis et aiment l’analyse à progresser sur leurs pronostics sur le long terme, en échappant à la dictature de l’instant présent qui règne dans le milieu des paris sportifs.

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